Pays le plus bombardé au monde

et encore 80 millions de bombes non explosées…

Cinquante ans après la guerre du Vietnam, les bombes larguées par les Américains au Laos continuent de tuer.

Le 23 juillet 1962, la conférence internationale de Genève reconnaît au Laos son indépendance et sa neutralité, interdisant toute présence militaire sur son sol.

Cette guerre opposait le Vietnam du nord communiste (les Viet Minh), soutenu par la Chine, et le Vietnam du sud soutenu par les États-Unis. Dans la partie sud du Vietnam, le mouvement Viet Cong (pro communiste) se forme pour empêcher la domination américaine. La fameuse piste d’Hô Chi Minh permettait le ravitaillement entre le Vietnam du sud et du nord, elle passait par l’est du Laos. L’opération américaine vise à couper les voies de ravitaillement des combattants nord-vietnamiens, alliés aux communistes.
La piste Hô Chi Minh n’était pas une voie unique, mais plutôt un réseau de routes et de chemins par lequel s’écoulait le flot continu de renforts et de matériel destinés à la guérilla communiste au Sud Viêt-nam. Interrompre ce flot était une question de vie ou de mort pour les Américains et leurs alliés. Malgré les tentatives des Américains à détruire la piste de ravitaillement, les miliciens communistes n’ont jamais cessé leurs actions.

Nous avons visité le musée des bombes non explosées de Luang Prabang :

Pendant 9 ans, le Laos a été bombardé continuellement, soit un total de 2 millions de tonnes d’explosifs (c’est plus que pendant la seconde guerre mondiale). Suite à ces bombardements massifs, on estime à 80 millions de « bombies » (bombes à fragmentation, voir vidéo ci-dessous) qui n’ont pas explosé, soit un tiers. Dans une moindre mesure, on ajoute également des restes de mines anti-personnelles et grenades qui ont été semées dans tout le pays. Chaque jour au Laos, une personne meurt à cause de ces différents explosifs. De plus, le largage de l’agent orange et d’herbicide a contribué à la contamination de la terre et la survenance de nombreuses maladies et handicaps infantiles. 

De grandes opérations de déminage ont lieu depuis plusieurs années dans tout le pays. Les États-Unis y contribuent financièrement. Le Laos prend des mesures pour former les villages et surtout les enfants pour apprendre à reconnaître une bombie et les prévenir des réels dangers. Malheureusement, le marché de revente de l’acier des explosifs rapporte de l’argent. Nombreux sont les villageois pauvres qui investissent dans des détecteurs de métaux et en paient les conséquencesLorsqu’ils sont victimes d’une explosion, ils ne peuvent plus travailler autant qu’avant, leurs revenus diminuent et ne peuvent subvenir aux besoins de leur famille. Les enfants sont alors déscolarisés pour des raisons financières.

Les carcasses des bombes, qui ne présentent aucun danger, ont trouvé depuis toute sorte d’usage plus positif. Dans certains endroits, elles servent d’éléments architecturaux, de barbecues, de mangeoires, de jardinières ou de décoration autour des maisons ou des hôtels.

Bombe réutilisée en pot de fleur – bar restaurant à Luang Prabang
Photo prise dans un bar restaurant à Luang Prabang

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