La fête de l’eau : l’immanquable festival d’ Asie !

Pendant notre séjour en Birmanie, nous avons entendu parler à plusieurs reprises du festival de l’eau. Nous devons nous dépêcher de réserver notre billet de bus pour Hpa -An sous peine de rester immobilisés pendant tout le festival à Mandalay. En effet, c’est la fête de l’année, le pays vit pleinement le festival. Les commerces vivent aux ralentis, les transports en commun sont annulés.

Fêté tous les ans en avril aussi en Thaïlande, Laos et au Cambodge, pendant le mois de thingyan (1er mois de l’année dans le calendrier birman), tout le pays célèbre la fête de l’eau, autrement dit le Nouvel An bouddhique. Les gens se lancent de l’eau les uns sur les autres et placent des fleurs et des feuilles de palmes devant leurs maisons.

Les rues sont nettoyées à cette occasion.
L’eau est considérée comme un instrument de purification ; cet élément permet d’éloigner les esprits malins de celui qui en est aspergé, et est censé lui apporter paix, prospérité et bonheur pour l’année à venir.

En Birmanie, ce festival dure 5 jours !

Notre première expérience de la « fête de l’eau » se déroule dans les campagnes de Hpa -An, même un jour avant l’ouverture officielle. Sur notre scooter loué à la journée, nous parcourons les terres rouges de la campagne passant de village en village. On a vite compris le système du festival. De nombreux enfants sont installés aux bords des chemins, seau ou pistolet en main. Un gros bidon leur sert de recharge d’eau. A chaque fois que nous passons à leur niveau, ils se précipitent à leur poste, prêts à nous balancer des quantités d’eau plus ou moins chaudes… Pour l’anecdote, je peux vous dire que j’ai même bu la tasse à un moment. C’est pour dire, de l’eau on en reçoit…beaucoup!

Nous avons vite appelé ces passages, des « frontières ». A peine nos vêtements séchés, qu’une nouvelle « frontière » est à traverser ! Finalement pendant ce festival, rares sont les moments où nous sommes complètement secs.

Nous passons notre premier jour de festival dans la ville de Hpa-An. C’est une piscine géante découverte ! Tôt le matin, ils sont d’attaque. Tout le monde arrose, tout le monde est arrosé. De grosses pompes servent à acheminer l’eau de la rivière jusqu’aux divers gros récipients d’eau. Quant aux Birmans que nous trouvons discrets et plutôt introvertis, ils sont métamorphosés. D’énormes enceintes sont installées à de nombreux endroits dans la ville. Le volume mis au maximum, ils s’adonnent à la danse sans relâche. Parfois, ils semblent même être en transe.

Lors de ce festival, beaucoup de Birmans s’entassent par dizaines sur des camionnettes aménagées pour l’occasion. Des grosses sonos, volume à fond, crachent un mélange de techno/ house . On se croit par moment dans une énorme rave party sans teufeur, drogue et chien. C’est un formidable exutoire où tout est permis !

Toujours sur leurs camionnettes, ils sillonnent la ville, au rythme des musiques choisies par le conducteur. Ils sont souvent déguisés, masqués et en interaction avec les piétons. Cet évènement a des airs de caravanes du tour de France. Sauf qu’à la fin il n’y a pas d’étape et tout le monde en sort gagnant.

La nuit tombée, la ville reprend son calme. Seul l’asphalte détrempé nous rappelle que nous sommes en période de festival.

Le lendemain, puisque tous les transports en commun sont hors service, nous décidons de faire du stop pour rejoindre une ville à 80 km au sud de Hpa-An qui s’appelle Mudon. Quelle drôle d’idée de faire du stop pendant ce festival ! Mais c’est aussi comme cela qu’on découvre à quel point les Birmans sont aidants, tous viennent nous voir pour nous indiquer où se trouve la station de bus et quand ils comprennent qu’on veut faire du stop, nous aident à faire nos pancartes.

Nous parcourons 80 km en 6 heures. Le périphérique de Paris est finalement fluide, même dans ses pires heures. Mais au final, quelle joie de partager sur l’arrière d’une camionnette, ce moment avec des Birmans ! Tout le monde s’adonne pleinement aux traditions du festival. Seaux d’eau, seaux d’eau et encore des seaux d’eau bien sûr, mais partage aussi ! Des Birmans nous appliquent souvent du « Thanaka » sur notre peau. Cette crème solaire naturelle, qui provient d’un arbre, est la bienvenue pour se protéger du soleil sans pitié d’avril.

Nous faisons des détours , parcourons des villages, voyons des gens de tous âges danser, sourire et encore danser. Nous finissons par aimer ce regard coquin mais toujours bienveillant qu’ils portent au moment de nous jeter l’eau en pleine figure.

Lors de ce festival, nous apprécions l’atmosphère qu’il s’en dégage. Les Birmans savent vraiment faire la fête. Ils sont aussi très respectueux les uns des autres. A aucun moment, nous constatons un moindre débordement, même une expression de mécontentement.

Ce n’est pas dans tous les pays où les gens répondent par un sourire à un « saut dans la gueule ». Et pourtant, ça existe. A la fin de la journée, on se sent fatigués et on joue plus au jeu du chat et de la souris. Nous usons de stratagèmes pour contourner les redoutables « frontières ». Toute la journée, nous sommes sur le qui vive à redouter le seau d’eau gelé dans le dos. On constate que refuser quelques seaux d’eau n’est vraiment pas compatible avec leur fête. Ils ne comprennent pas pourquoi on aimerait ne pas être arrosés, même avec nos gros sacs sur le dos. En voyant leur tête étonnée, on finissait par pencher sa nuque…

Cela dit, même si ça peut être éprouvant, nous avons adoré. Immergés dans la culture birmane, sans croiser de touriste, nous ne l’oublierons pas de si tôt. Surtout qu’en Thaïlande, le festival dure deux semaines, et c’est reparti !

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