Plages au sud de Dawei, abandonnées ou presque.

A notre départ du centre de Thabarwa, un Américain expatrié depuis un an en Birmanie, nous a fortement conseillé de continuer notre route dans le sud : 

«  Allez aux plages au sud de Dawei, Il n’y a pas de touristes, vous pouvez dormir dans un petit bungalow, c’est romantique. Et pour ma part, ce sont les plus belles plages que j’ai vues dans ma vie ! »

Comment ne pas céder à la tentation ? Notre curiosité commune a fini par rajouter une étape de plus sur notre trajet. 

En arrivant à Dawei, nous avons loué un scooter pour 4 jours. Puisque les plages sont reculées, c’est le meilleur moyen de s’y rendre. Andreas, un jeune autrichien rencontré à Thabarwa, se trouvait dans les parages, nous avons décidé de faire la route à ses côtés. Alors que nous avions réservé trois nuits dans deux endroits différents, il a préféré camper de son côté dans sa tente.

Le premier jour, nous avons mis plus de temps que prévu pour nous rendre à la première plage. Quasiment deux heures et demi. Puisque les Birmans fêtaient le dernier jour du « festival de l’eau », le trafic fût ralenti par de nombreux jets de seaux d’eau. 

Lors des derniers kilomètres, nous avons emprunté un chemin sableux avec plein de bosses, ponctué de montées et descentes. La végétation dense, la chaleur et les quelques maisons en bois nous donnaient une impression d’Amazonie. Nous ne nous sommes pas plaints de la difficulté et du temps passé sur notre deux roues pour atteindre la fameuse plage. Au contraire, ces éléments apportaient une excitation supplémentaire.  Une sensation d’arriver sur une plage abandonnée, vierge de touriste. C’est finalement agréable quand tout n’est pas servi sur un plateau !

Nous avons fini par laisser notre scooter. Ensuite, guidés par le bruit lointain des vagues, nous avons entrepris une marche pour atteindre la plage. Pieds dans l’eau, nous avons suivi une sorte de rivière formée par la marée. Les nombreux crabes apparaissaient et disparaissaient lors de notre passage.

Premier coucher de soleil

Enfin, nous y sommes, quelques bungalows culminent la plage. Elle est très grande, belle et…vide ! Ça existe donc encore ! Nous arrivons à temps pour profiter du coucher de soleil. Lorsqu’on a réservé le bungalow plus tôt dans la journée, on n’a pas eu la curiosité de demander le niveau de confort, mais pour le prix (30 EUR) on se disait que ce devait être forcément bien ! Mais quelle déception en le découvrant : petit, deux matelas durs posés à même le sol et pas de vue sur la mer. Le gérant nous informe qu’on paie plus cher car c’est le nouvel an et qu’à un jour près on aurait pu avoir pour le même prix, le superbe bungalow juste derrière nous… On se regarde avec Géo, « mais pourquoi il nous le donne pas alors ? ». Mais non, il faut encore rajouter si on le veut. Bref, ce n’est pas grave, on y reste qu’une nuit de toute façon.

Le lendemain, nous redécouvrons la plage. Le soleil matinal apporte une belle lumière. Nous nous rendons compte que nous avons face à notre logement, une gigantesque piscine à l’eau turquoise…

Depuis le temps qu’on attend ce moment ! C’est vrai que nous avons fait très peu de plages depuis que nous sommes partis.

Ensuite, nous décidons de faire une balade pour aller sur une autre plage. Celle-ci est déserte et encore plus grande. Seuls des pièges à crabes posés sur la plage nous rappellent qu’elle n’est pas abandonnée ! Au bout de la plage, nous avons suivi un bras de la mer et nous nous sommes retrouvés dans une lagune. L’eau n’était pas profonde et toujours aussi colorée. Nous nous baignons et nageons jusqu’à une autre petite île. Encore une fois nous sommes seuls, ou presque puisqu’ Andreas marche avec nous.

Il est déjà 15 heures et nous devons repartir. Nous resterons les deux prochains jours à «  Paradise Beach », qui se trouve à trente kilomètres de l’endroit où nous sommes.

En rebroussant chemin en direction de notre scooter, nous nous perdons, l’eau est haute et n’avons plus nos repères. Nos gros sacs sur nos têtes, l’eau nous arrive jusqu’au nombril.

Traversée de la rivière pour quitter la plage

Avec un peu de chance, on croise un petit bateau. L’homme qui le conduit nous propose de monter dedans afin de prendre le bon chemin !

Une fois de plus, le chemin pour se rendre à «  Paradise beach » est sinueux et la plage est difficile d’accès. Nous arrivons de nuit et sommes surpris de voir les bungalows. Ils sont bien plus grands, bien plus beaux ! Nous marchons de nuit sur la plage, la lune nous permet de voir quelques crabes. Pour le reste, nous devons patienter jusqu’au lendemain pour voir cette seconde plage. 

Notre second bungalow

Le matin , nous avalons notre café et prenons les masques à tuba mis à notre disposition. La plage est plus petite, mais nous la trouvons encore plus belle. Puis dans notre imaginaire, la plage de nos rêves doit avoir des palmiers. C’est le cas ici. C’est qu’on va devenir exigeant à force….

Ici, la colline à la végétation dense, la mer sauvage et l’eau turquoise forment un décor de carte postale.

Le lendemain, nous décidons de faire une randonnée pour monter la colline afin d’avoir une vue panoramique sur notre plage ainsi que les plages voisines.  Il paraît qu’une pagode s’y trouve au sommet. Les locaux nous conseillent de prendre minimum 2 litres l’eau par personne. Ils nous donnent aussi une machette pour qu’on puisse frayer notre passage. Peu de monde emprunte ce chemin et la végétation reprend vite ses droits. Nous devons normalement suivre des points verts tout au long du parcours pour ne pas nous perdre. Serein, je pars en « londgi » et en claquettes. Il faut dire que Maou n’est pas la plus équipée non plus. Cela dit, le sommet ne semble pas si loin quand on regarde de la plage.

Premièrement, nous n’avons jamais vu de points verts, seulement quelques points rouges au début de la randonnée. Nous décidons de faire par la suite notre propre chemin. Après tout, il suffit seulement de monter ?

C’est ce que nous faisons. La végétation est de plus en plus dense, nous avançons difficilement. Je préfère finalement enlever les claquettes car elles me font plus glisser qu’autre chose. Nous venons à bout de cette ascension au bout de 2H30. La vue d’en haut est belle , nous apercevons le beau dégradé de bleu de l’eau des plages de « Granfather ». Après 45 minutes à admirer le panorama, nous décidons d’attaquer la descente. Ça ne va pas être du gâteau, on le sent. Pour le coup, nous sommes visionnaires. Nous avons profité des quelques premières indications puis nous avons imaginé notre chemin.

La partie retour était bien plus dure. La végétation était encore plus dense, la descente encore plus raide. Nous étions perdus. Pour couronner le tout, des arbres à clous, disposaient d’énormes épines sur leur tronc. C’est assez pratique quand on glisse et qu’on veut se retenir sur l’arbre le plus proche…

Bref, on ne vous cache pas que ce n’était vraiment pas une partie de plaisir. On pensait seulement à notre récompense une fois en bas : un bon coca et un jus de fruit.

On a réussi à venir à bout de cette descente au bout de 3 heures ! On a atterri sur un autre coin de la plage. A ce moment là, on a couru se baigner. Délivrance !

Cette session plage dans le sud de la Birmanie nous a beaucoup plu. On a surtout apprécié le fait d’être coupés du monde, loin du tourisme de masse et de toutes ses dérives avant de se rendre en Thaïlande, à Kho Phi Phi.

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