Le système de castes en Inde, de ses origines à nos jours

Photo prise à Varanasi, Inde

Les castes en Inde

L’inde est un dépaysement sur tous les points, contradictions et contrastes forment en partie l’identité de ce pays. C’est la 4e économie mondiale qui malgré sa modernité et sa renommée au niveau des nouvelles technologies, continue à vivre avec ses traditions ancestrales. Aujourd’hui, nous allons parler du système de castes.

Cette organisation sociétale est difficile à comprendre et à intégrer si on ne se détache pas de notre regard occidental.  Nous allons essayer de vous l’expliquer simplement afin que vous compreniez ce système qui divise et instaure toujours une hiérarchie au sein de la communauté indienne.

Le système de castes provient de l’histoire religieuse indienne mais a aussi été influencé par le développement social et économique à l’époque coloniale. Les castes sont basées sur l’idéologie d’inégalité entre les Hommes, c’est l’essence même de la société indienne. 

Indélébile, la caste ne peut être occultée. Au détour d’une simple conversation dans la rue, les protagonistes finiront toujours par connaître la caste de l’autre, tout ceci sous un air de devinette. Il suffit de demander son nom de famille, son village de naissance et son métier.

Les 4 sortes de castes

Si les castes sont reconnues par les Indiens, c’est qu’elles sont inhérentes à l’hindouisme puisque présentes dans les principaux textes de la religion. Dans ces textes appelés «  Veda », il est clairement indiqué que les Indiens naissent et demeurent inégaux.

Dans cette division, on trouve quatre grandes classes associées aux parties du corps de Dieu. De manière hiérarchique, de sa bouche naquirent les «  brahmanes », autrement dit les prêtres, de son bras les « kshatriyas » (guerriers), de sa cuisse les vaishyas (commerçants) et enfin de son pied les shudras, qui représentent les serviteurs, le reste de la population.

Du moins, le reste de la population appartenant à une classe. En dehors de ces classes, environ 200 millions d’indiens (soit quasiment 20 pour cent de la population) n’appartiennent à aucune classe ; ils sont appelés les Dalits ou encore les «  Intouchables ».

Les Dalits

Dans les campagnes, qui représentent 70 % de la population indienne, les traditions sont restées fortes. Exclus du système de castes, Les Dalits sont souvent ceux qui exercent un métier impur/sale (par exemple nettoyer les latrines chez les gens) et mendient. En Inde, on qualifie de travail impur toute profession qui a un contact direct avec le sang. Étrangement, les métiers de bouchers et de sage-femmes sont considérés comme « impurs ». 

Même si ce n’est pas une généralité, les classes les plus basses sont bien souvent les plus pauvres. Ils sont quelques dizaines à être devenus très riches et à avoir grimpé l’ascenseur social. Hypocritement, cela prouve qu’en Inde, tout reste possible.

Étonnamment, ces Dalits ne se rebellent pas ou très rarement. En fait, les inégalités sont ancrées et reconnues par tous. Il faut savoir que même si un Dalit devient millionnaire, il restera dalit et devra montrer sa soumission aux personnes appartenant aux castes supérieures. La soumission aux castes supérieures est donc considérée comme « normale » en Inde.

Autrefois, les Intouchables étaient interdits de rentrer dans les temples, restaurants. Ils ne pouvaient pas porter de chaussures ni de chemise afin d’être identifiables.

Encore de nos jours, dans certains villages, les membres d’une classe inférieure doivent changer de trottoir en guise de respect quand ils croisent un « brahmane ».

A l’inverse, certaines amitiés se créent entre Brahmanes et Dalits. Mais, pour éviter tout jugement dans le village, ils sont obligés de se voir en dehors.

Les mariages arrangés

Si les mariages arrangés sont encore de coutume en Inde, c’est notamment une histoire de castes. Les parents s’assurent que leur fille ne perde pas sa caste. Si une fille est de caste élevée, il lui sera bien souvent interdit de se marier avec un homme d’une caste inférieure. Ce « déclassement de caste » est valable que pour les filles.

Si un homme se marie avec une femme de caste inférieure, celle-ci adoptera la classe de son mari.

Encore chaque année, des milliers de jeunes couples sont assassinés par leur propre famille car ils ont dérogé à la règle. On ne marie pas par amour mais une famille à une autre.

Conclusion 

Depuis la déclaration d’indépendance, l’Inde s’est appuyée sur des principes d’égalité communs que l’on trouve dans les pays développés. La Cour suprême de l’Inde a décrété que la vulnérabilité d’un groupe ne devait plus être fondée sur « la seule base de la caste ». Elle a tenté d’abolir les inégalités les plus frappantes et a même mis en place un système de discrimination positive pour réduire les castes. Cependant, ce système de castes persiste et ne peut être contrôlé aisément. Notamment dans les campagnes où les tribunaux populaires font la loi. Des études montrent que l’accès à l’emploi, l’éducation, le mariage, la politique est plutôt réservé aux castes élevées.

50 ans après l’abolition des discriminations fondées sur les castes, la diminution des inégalités est difficilement visible et les classes inférieures subissent encore des discriminations. Même si elles sont moins présentes dans certaines villes et que les autorités tentent de lutter contre la discrimination des castes, cette inégalité imposée à la naissance existe toujours en Inde.

Le bouddhisme semble être la voie prise par de plus en plus de personnes pour sortir de ce système de castes.

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