Auroville, la cité utopique aux secrets bien gardés

Qu’est ce qu’Auroville ?

Mira Affassa dit, «  la Mère », née à Paris est la fondatrice de la ville dite « utopique », Auroville. C’est en 1968, qu’elle crée cette ville de 20 km² dans un endroit désert qui se situe à 12 km de Pondicherry. Spirituelle, la Mère avait pour objectif de créer un lieu où tous ses habitants puissent côtoyer la liberté absolue, ne pas subir la rigueur des lois et oublier les notions de propriété et de possessions matérielles. Pour résumer, l’idée est d’y vivre sans religion, loi, et argent.Peu importe sa nation d’origine, son âge, tout le monde peut y être accepté.

Mira Alfassa dit « la mère ». Crééatrice d’Auroville. Pour elle, la réalisation de cette ville est un rêve.

Elle explique qu’« il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucune nation n’aurait le droit de dire « il est à moi » ; où tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde et n’obéir qu’à une seule autorité, celle de la suprême vérité ; un lieu de paix, de concorde, d’harmonie, où tous les instincts guerriers de l’homme seraient utilisés exclusivement pour vaincre les causes de ses souffrances et de ses misères, pour surmonter ses faiblesses et ses ignorances, pour triompher de ses limitations et de ses incapacités etc. »

Ni secte, ni religion, Auroville se définit comme un lieu de paix qui apparaît commune expérience spirituelle et sociale unique. Dans les pays développés, les relations entre être humains sont bien souvent basées sur la concurrence et l’individualisme. Ici, collaboration, fraternité son les mots d’ordre. Auroville n’appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.

La grande sphère couleur or s’appelle le Matrimandir. Lieu de méditation.

Ce qu’on avait lu avant d’y aller :

– « Auroville est une secte »

– « c’est une sorte de néo colonialisme »

– « société expérimentale »

– « une colonie de vacances pour hippie »

Cérémonie d’inauguration

Le 28 février 1968, les représentants de 124 nations et 23 états indiens jettent une poignée de terre de leur pays natal dans une urne en forme de lotus.

Auroville est devenue une communauté en constante expansion. Les quelques 2500 habitants que l’on compte actuellement, venus de l’Inde et d’une cinquantaine de pays, se répartissent sur plus de cent lieux de résidence.

Les activités et recherches des Aurovilliens portent sur la régénération de l’environnement, l’agriculture organique, l’énergie renouvelable, les matériaux de construction, le développement des villages, les artisanats et petites industries, les soins de santé, l’éducation, les échanges interculturels etc.

Auroville en chiffres 

Population (2550 habitants)

– Nationalités : 52

– Résidents âgés de plus de 18 ans : 1900

– Résidents âgés de moins de 18 ans : 650

– Résidents indiens : 1080

Éducation/ Travail

– Écoles : 10

– Étudiants : 550

– Employés : 6000

La philosophie Aurovillienne 

Pour devenir Aurovillien, il faut dans un premier temps partager des valeurs et une philosophie commune. En voici les fondements :

– Celui-qui vit à Auroville doit apprendre à se découvrir intérieurement afin de savoir ce que l’on est vraiment derrière notre carapace.

– L’ Aurovillien doit se libérer des conventions sociales et morales.

– Il doit aussi perdre le sentiment de possession et de besoin matérialiste. Posséder n’est pas une fin en soi. Il est en droit d’acheter ou construire une maison (entre 40 000 et 70 000 EUR) qu’il devra laisser à la communauté s’il décide de quitter Auroville.

– L’Aurovillien doit apprendre à appréhender différemment le travail.Le travail n’est pas seulement un moyen de gagner sa vie mais le moyen de s’exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à la communauté. Le travail est une chose indispensable qui permet de se découvrir intérieurement.

– La terre toute entière doit se préparer à l’avènement de l’espèce nouvelle tout en se consacrant au divin.

Quelles sont les démarches pour devenir résident d’Auroville ?

Avant d’envisager les démarches pour devenir aurovilien, il faut dans un premier temps séjourner à Auroville pendant trois mois. Suite à cette période, un entretien est envisagé avec l’Entry Service afin de confirmer si les désirs et les motivations pour rejoindre la ville utopique sont suffisants.

Si cet entretien s’avère être positif, la personne qui fait la demande de résidence reçoit une lettre de recommandation pour demander un visa résident en Inde d’un an.

De retour à Auroville et seulement après avoir trouvé un travail et un logement, l’administration annonce votre statut de « nouvel arrivant » à l’ensemble de la communauté. Cette période « d’essai » commence alors et durera environ un an. Il est demandé de ne pas quitter la ville durant l’année.

C’est seulement à la fin de cette année en tant que « nouvel arrivant » qu’un dernier entretien avec l’Entry Service détermine le statut d’Aurovillien en accord avec l’Assemblée des résidents.

Facile, non ?

Bon en vrai, cela peut paraître fastidieux mais c’est ne pas rien de tout quitter et rejoindre une communauté déjà bien formée. L’idée de venir une première pour fois trois mois puis une période d’essai d’un an permet de se faire une bonne idée de là où on met les pieds.

 

Quelques habitations loufoques de résidents d’Auroville

L’argent à Auroville

Entre les Aurovilliens, l’argent ne circule pas sous forme de monnaie. Chaque habitant dispose d’un numéro de compte et d’une carte de paiement qu’il fournit pour régler ses dépenses dont la gestion est entièrement informatisée.

La recherche progressive d’une économie sans argent et d’une organisation sans hiérarchie extérieure est au cœur de l’expérience d’Auroville. Ce fondement souhaité par la Mère n’a pas pu être maintenu malgré certaines tentatives. Par exemple, à son lancement, la nourriture était répartie de manière équitable entre les résidents. Mais certains ont voulu modifier leur nourriture et diversifier les menus. Ce qui a eu pour conséquences d’appauvrir les fonds d’Auroville. La communauté a alors ouvert des supérettes coopératives appelées « Pour Tous » dans lesquelles les membres viennent faire leurs courses et régler. On a appris que, dans un but de réduire sa consommation, il n’y avait pas de prix indiqué sur les produits et aucune publicité n’est faite. Ainsi les Aurovilliens ne prennent que ce dont ils ont besoin.

« supermarché  » à Auroville. Sur les produits vendus, pas de prix. Un code.

Enumération des échecs que nous avons pu remarquer

– Objectif de 50 000 habitants non atteint puisque la ville compte 2500 habitants

– Échange monétaire existe malgré la volonté de la Mère : « Auroville n’aura de l’argent qu’avec ses échanges avec le monde extérieur » ;

– Tous les résidents d’Auroville n’ont pas cette notion de conscience divine comme le souhaitait la Mère ;

– Certains Aurovilliens n’y vivent que 6 mois à l’année pour apprécier l’été indien. La majeure partie des résidents sont des retraités ou proches de la retraite.

Notre ressenti

A la base, nous trouvons le concept alléchant. Vouloir créer une ville sans argent, basée sur le partage et la spiritualité nous semble être un projet louable. Le fait d’être libre de monter son projet, d’apporter ses idées et connaissances et de vouloir les partager est honorable. Seulement, en ayant visité (seulement 2 jours et demi), on s’attendait à faire des rencontres avec les Aurovilliens et échanger sur leur mode de vie. Mais, tout ce qu’on a pu voir ce sont des grandes baraques bien sécurisées par un imposant portail et du grillage tout autour. Par contre, on s’est bien amusés à explorer certaines de ces maisons aux architectures un peu farfelues. On a aussi essayé de visiter des fermes productrices de fromage, mais là encore, c’est la croix et la bannière pour les visiter. Soit, il faut réserver à l’avance soit elles ne sont pas du tout ouvertes au public. Et c’est un peu le même registre pour les autres centres d’intérêt. Le si peu qu’on a pu visiter, il y avait seulement une petite partie ouverte au public… On ne se sent pas forcément les bienvenus !

Je pense que visiter Auroville mérite une certaine organisation et un certain budget : loger dans les guesthouses d’Auroville, c’est là où vous obtenez les conseils de visite ; réserver à l’avance vos visites. Pour notre part, on pensait pouvoir simplement rouler en scooter et faire des arrêts comme bon nous semblait mais au final on n’a pas vu grand chose. On a essayé d’interroger une Française à la sortie de leur supermarché-coopérative « Pour Tous » mais elle n’avait pas le temps de nous répondre. Peut-être le fait que ne soyons que des guests (invités) de l’extérieur ne lui a pas plu. On n’a pas bien compris ce qu’elle voulait dire par « il ne faut pas croire que c’est facile tous les jours… ».

Finalement, c’est totalement par hasard qu’une heure avant de quitter l’hôtel, un Suisse attablé à côté de nous, nous interpelle. Par chance, c’est un « nouvel arrivant » et en face de lui un Indien « Aurovillien ».

Il s’avère être mitigé quant à la suite de sa vie à Auroville. Il y a du bon comme du moins bon. En tout cas, il semble clair sur un point :

« Contrairement à ce que certains peuvent penser, Auroville n’est pas une secte, à tout moment on peut décider de partir sans recevoir de pression de la communauté ».

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