Road-trip à travers la Namibie et le Botswana

Alors que nous étions au Mexique, nous rêvions déjà de l’Afrique pour finir en beauté ce tour du monde. Ce continent est bien souvent délaissé par les voyageurs pour des raisons financières, du faible transport en commun et d’insécurité. On vous avoue avoir davantage pensé à toute la richesse que ce continent pouvait nous offrir. On avait aussi un autre rêve : faire un road-trip en van. On a essayé de concilier les deux en cherchant toutes les options qui pouvaient s’offrir à nous. Ah, et on a oublié de vous le préciser, ce voyage se doit d’être le plus ÉCONOMIQUE possible. A force de rallonger la liste de pays pendant notre tour du monde, le compte en banque finit par tirer la sonnette d’alarme.

On est tombés sur une agence de location de 4X4 qui nous paraissait sérieuse : Zambezi car rental. Son propriétaire s’appelle Jacques, un Namibien qui a monté son commerce il y a deux ans. Il s’est montré très sérieux et disponible pour répondre à nos multitudes questions comme : « Est-ce qu’un léopard peut monter à l’échelle pour accéder à nos tentes ? ».  

Nous voilà donc le 28 mars, à Windhoek, pour un long road-trip d’un mois à travers la Namibie et le Botswana. La veille de partir, Jacques est venu nous chercher tous les 4 (avec Greg et Ophélie) et nous a emmenés à son agence pour nous faire un briefing du véhicule. On a tout ce qu’il faut pour survivre dans le bush namibien : lampe, frigo, table, 4 chaises, un set de couverts bien complet, assiettes, bols, tasses, verres à pied, boîtes tupperware, casseroles, poêle, une caisse à outils, une grille de barbecue, un réchaud etc. Tout est quasiment neuf. Assis autour d’une table, il a gentiment déplié sa grande carte de la Namibie pour nous expliquer tous les immanquables de ce grand et beau pays.

Le désert namibien

Nous avons donc décidé de commencer par la région désertique au sud de Windhoek. Nous arrivons devant le site réputé de Sossusvlei. Nous en profitons pour admirer les couleurs chaudes que le coucher de soleil offre sur les dunes. Nous attendrons le lendemain pour visiter le désert de Sossusvlei. Il faut trouver une solution pour le camping du soir. Nous avons deux tentes qui se déplient sur le toit de notre 4X4. Puisque les campings sont onéreux, nous décidons de faire du camping sauvage. Cette pratique n’est pas autorisée en Namibie, mais comment ne pas succomber à la tentation de dormir dans les vastes étendues vides du bush ?

De plus, une application appelée iOverlander permet de recenser tous les lieux où les voyageurs ont déjà campé sauvagement en donnant un avis sur l’endroit.

Nous apprendrons par la suite qu’il est bien de s’y prendre à l’avance pour trouver son petit bout de paradis pour tentes. Le premier soir, nous trouvons par défaut une aire de pique-nique qui s’avérera bruyante mais tout de même salutaire. Lors de notre préparation de repas, des yeux brillent au loin. Humant les saucisses griller sur notre feu de camp, un chacal s’approche de nous. On se souviendra longtemps de cette soirée.

Nous reprenons la route en direction des grosses dunes de Sossuvlei. Au programme : ascension de Big Daddy Dune. Nous empruntons un chemin très sableux et remercions notre 4X4. Nous nous arrêtons pour photographier un oryx qui traversera notre route. Arrivés en bas de la dune, nous traversons un lac asséché blanc. Malgré l’aridité du désert, quelques arbres montrent leurs feuilles vertes. Plus nous montons et plus le dégradé de couleurs est saisissant. La chaleur et le vent rendent l’ascension plus longue qu’elle ne l’est. Les rafales de sable nous auront porté préjudice puisque l’appareil photo ne fonctionnait plus au sommet de la dune.

En haut, la vue est grandiose. Certainement le plus beau désert qu’on ait vu jusqu’à présent. C’est les pieds brûlés par le sable que nous descendons « Big daddy » à grandes enjambées pour rejoindre le second lac similaire au premier. Celui ci est habité par des arbres morts rendant l’endroit très photogénique. Sossuvlei est le plus vieux désert du monde et ces arbres ont plus de 1000 ans ! (La chaleur explique la conservation de ces arbres.)

Nous terminons la randonnée terrassés par la chaleur. Nous nous abritons avec un châle pour deux et ne pensons qu’à la bouteille d’eau qui nous attend dans la voiture. Il n’est que midi et rares son les personnes qui restent sur le site. Nous vous conseillons donc d’entreprendre la randonnée à l’aube. Ophélie s’est même évanouie à cause du soleil.

Nous quittons le site à la recherche de douches à squatter dans un camping. C’est le bémol du camping sauvage, nous devons trouver des sanitaires dès que l’on peut !

Après un après-midi à rouler sur une route entourée de beaux décors, nous trouvons notre emplacement pour la seconde nuit avant que l’obscurité arrive. Cette fois-ci nous décidons de nous enfoncer davantage dans le bush afin d’être tranquille durant la nuit. C’est derrière un énorme amas de pierres que nous passerons la nuit. Sentiment de liberté, nous nous servons un verre de vin en contemplant l’immensité du bush africain et jouons aux cartes. Le barbecue est une nouvelle fois lancé à même le sol, l’odeur des saucisses se fait petit à petit sentir.

La côte atlantique

Nous reprenons la route pour la ville de Walvis Bay. Nous faisons nos emplettes le midi et constatons que nous ne passons pas aperçus dans les villages que nous traversons. Les adultes comme les enfants nous demandent de l’eau, de l’argent, à manger. En roulant, la route est parfois ensevelie par le sable du désert, c’est dépaysant.

Arrivés à Walvis bay, nous pensons nous installer sur un parking en face de la mer où une importante colonie de flamands roses nous montrent leur patte en équilibre. Une quarantaine de minutes après avoir regagné nos tentes, des personnes nous interpellent dehors. En sortant une tête ahurie, on prend connaissance des policiers de la ville. Ils sont trois et nous demandent de quitter les lieux. Une fois les tentes pliées, nous devons les suivre jusqu’au premier camping. Nous minerons d’aller payer la nuit à la réception avant de faire demi-tour une fois les gardiens de la paix partis. C’est en pleine nuit que nous trouvons un autre parking en face d’une dune, qui semble plus isolé.

En arrivant à Walvis Bay

De retour dans la zone désertique

Le lendemain, nous faisons cap sur Skitzoppe, une région aride de la Namibie sublimés par de très beau rochers oranges et une savane à perte de vue. Ce n’est qu’une heure après notre départ que nous entendons un bruit anormal à l’arrière du 4X4. Il fallait bien que ça arrive, mais pas si tôt quand même : nous avons crevé. Munis d’un cric pour 206, nous lèverons difficilement notre gros engin.

En arrivant vers Skitzoppe, une bande de jeunes namibiens sortant d’un petit lac encerclent notre voiture. Ils nous demandent de l’eau, nous demanderons notre chemin. Les quinze aimeraient monter avec nous. Au final, seul Madiba, 12 ans nous servira de guide jusqu’à son village. Les autres rentreront à pied, soit une heure de marche. Une fois arrivés, nous rencontrons d’autres jeunes et décidons d’acheter un coca et de le partager avec eux. Madiba, toujours avec nous, nous raconte avec maturité sa vie en Namibie. Son rêve est de devenir pilote ou docteur. Il finira par nous proposer de dormir sur le terrain de sa sœur. Nous y allons et rencontrons plusieurs personnes au domicile familial de Madiba. Trois Namibiens plus âgés finiront, après un détour de nous installer derrière le terrain de foot du village. Un des trois nous demande de lui payer une bière.

Prêts à déplier la tente, je vois dans le rétroviseur du véhicule Madiba s’approcher vers nous. Alors que nous lui avons déjà dit « au revoir », Madiba est revenu pour nous prévenir du piège qui se tend. Les Namibiens qui nous ont amenés jusqu’ici ne sont pas fréquentables. Ils auraient même l’habitude de dépouiller les touristes. Il nous conseille d’aller au camping sécurisé du village en prévenant que ces mêmes malfrats peuvent s’y introduire et voler des touristes, avec un peu plus de difficulté tout de même.

Madiba, notre sauveur

Nous entrons au camping et apprenons par la même occasion que le site de Skitzoppe se trouve à l’intérieur. Le camping est gigantesque, il faut prendre sa voiture pour accéder aux sanitaires. A l’intérieur, nous ne subissons pas la proximité avec les autres, nous avons encore l’impression de faire du camping sauvage dans un endroit surprenant. Nous sommes entourés par d’immenses pierres. Finalement, ce camping est le bienvenu, place à la douche ! La nuit, le gardien éclairait les rochers. Toutes les fabulations étaient alors permises. Nos assaillants allaient-ils rentrés ? Tente cadenassée, place au dodo !

Le lendemain, nous sommes allés jeter un œil à la fameuse arche de Skitzoppe afin d’immortaliser l’instant en photo. 

Au vue des grandes distances namibiennes, nous passons beaucoup de temps dans le 4X4. Certains réflexes s’instaurent comme la recherche de points d’eau pour le remplissage de notre bidon. Sur la route, nous croisons des femmes en habits traditionnels et de grosses nattes rouges : nous approchons du territoire du peuple Himba.

C’est non loin d’un beau lodge avec piscine qui nous donnera envie, que nous optons pour la chaleur du désert, au pied du cratère Brandberg, pour une nuit en camping sauvage.

Le lendemain, nous apprenons que de nombreux contrôles de police interdisent le transport de viande, fruits et légumes dans le pays, du nord au sud. Il faudra qu’on en prenne compte pour la suite.

La nuit approchant, nous décidons de faire une nouvelle nuit de camping sauvage. L’endroit ne nous séduit pas. Nous sommes prêts d’une route et avons surtout peur de tomber nez à nez avec… un lion !

Rencontre avec les Himbas

On décide de s’approcher d’une petite maison en terre où des chèvres broutent autour. Nous demandons à la dame si nous pouvons dormir sur son terrain. Elle accepte. Par curiosité, on lui demande s’il y a des lions dans les alentours. Elle nous dit de ne pas nous inquiéter, qu’ils sont loin. A 3 kilomètres rajoute t’elle. Nous n’avons visiblement pas la même notion des distances mais nous voilà tout de même plus rassurés.

En pleine nuit, nous entendons divers hurlements similaires à un loup des deux côtés de la tente. Nous apprendrons le lendemain qu’il s’agissait finalement de hyènes. Un autre bruit nous a perturbé, l’arrivée de personnes et leurs chèvres vers 3 heures et demi du matin. Les chèvres feront beaucoup de bruit jusqu’à notre réveil.

En sortant de notre tente, nous voyons qu’une grande famille de Himba (peuple nomade namibien) s’est installée non loin de nous. Quant aux chèvres, certaines sont dépecées et leur chair pend aux arbres. Nous allons à leur rencontre. Les enfants grignotent la viande de chèvre fraîchement cuite dans un chaudron au feu de bois. Nous parlons en faisant des gestes pour essayer de se faire comprendre. Intriguées par leur curieuse coiffure, les femmes Himba s’approchent de Marianne et Ophélie, leur prennent une mèche pour y apposer de la graisse animale et de la poudre rouge.

On distribue des billes aux enfants et faisons des photos de famille. Il est difficile de différencier les garçons des filles, tous ont les cheveux rasés.

Nous les quittons pour poursuivre notre route vers le nord, territoire des Himbas. On s’arrête à Opuwo pour y faire les courses. Malgré le fait d’être en ville, le contraste est frappant entre modernité de par les supermarchés et tradition quand on croise les Himbas dénudées en train de faire leurs courses. On est suivis dans les allées, des personnes nous demandent de leur acheter des produits. A la sortie, les femmes nous mettent les bracelets au poignet. On a du mal à partir du parking. Je pense que notre meilleure expérience avec eux fut quand on a dormi à côté de leur village.

Adeptes du camping sauvage, avant que la nuit tombe, nous cherchons un emplacement. Nous nous retrouvons donc juste à côté d’un petit camp Himba composé de 6 huttes de terre, entourées de branches plantées dans le sol qui font office de clôture. La femme Himba vient nous demander le soir si on peut lui charger son téléphone portable.

Et le lendemain matin, nous rejoignons Greg qui s’est levé tôt et est allé chez nos voisins. Nous passons un long moment avec les femmes et les enfants, assis sous le seul arbre du camp. Le chaudron est déjà sur le feu. Nous leur donnons un peu de nourriture et de l’eau. L’une des femmes nous montre l’intérieur de la hutte avec les différents vêtements et bijoux. Pour nous toutes les tenues en peau de bête se ressemblent mais elles ont pourtant des utilités différentes. Une pour porter le bébé ou pour pour cacher l’arrière, une autre pour les cérémonies etc. On remarque que les garçons portent un gros collier de perles serré autour du cou et ont au moins une tresse sur le dessus du crâne.

On peut voir que très jeunes, les enfants sont responsabilisés. Ils s’occupent de la cuisine, des plus jeunes et remplacent leurs parents quand ils s’absentent.

L’heure est venue de reprendre la route. Ils nous demandent de revenir avec de la nourriture et nous promettons de le faire.

Nous passerons deux jours dans un camping/lodge à Epupa Falls, à la frontière avec l’Angola. Les paysages sont très arides et il n’y a que des petites échoppes où il est difficile de trouver son bonheur. Sur la route, les enfants nous saluent et courent vers nous. Dès qu’on s’arrête, tous les enfants des villages déboulent. On continue la distribution des billes et des stylos.

Le point du vue sur les chutes d’Epupa est très beau. C’est l’endroit idéal pour prendre l’apéro. Les deux jours furent reposant. On s’endormait avec le bruit du torrent. On a apprécié pouvoir se reposer, trier les photos, charger les batteries de nos appareils électroniques et faire notre lessive.

Nous replions tout et comme nous l’avions promis, nous nous arrêtons chez la famille Himba rencontrée quelques jours plus tôt. Cette fois-ci, les deux femmes ne sont pas là. C’est la tutrice des petits qui nous accueille, nous lui laissons la nourriture et repartons direction le parc Etosha.

Safari à Etosha

Contrairement à Kruger où il y a de nombreux chemins à prendre et beaucoup de végétation, à Etosha, nous suivons l’axe principal et la terre est très aride. S’il y a un animal, nous le voyons arriver de loin. Nous y avons passé trois jours à attendre près des points d’eau que le lion pointe le bout de son nez au coucher de soleil. Nous verrons finalement cette scène matinale incroyable de trois jeunes lions qui dévorent un girafon. Nous sommes restés 6 heures devant cette scène digne d’un reportage ARTE. Autre moment qu’on a aimé, c’est le point d’eau du camping éclairé toute la nuit qui permet de voir une variété d’animaux de près. Tour à tour, différents animaux de la savane venaient s’abreuver en renouvelant sans cesse le décor. On a fait un résumé des parcs safari que nous avons faits en Afrique du sud, Namibie et au Botswana en vous donnant les plus et les moins.

Contrairement à ce qu’on s’imagine, il est parfois compliqué de faire du camping sauvage en Namibie. Alors oui, c’est un pays peu peuplé et pourvu de grands espaces mais la majorité est clôturée.

En territoire hippopotamesque

La fin de notre escapade en Namibie approche avant d’entamer le Botswana pour 10 jours. Nous passons donc deux jours dans un beau lodge au bord de la rivière Chobe et près du delta de l’Okavango. Au pied de notre emplacement de camping coule la rivière et barbotent quelques hippopotames. La nuit, des gardes armés surveillent le camping. Malgré les idées reçues, c’est bien l’hippopotame l’animal le plus dangereux en Afrique. Rapide dans et hors de l’eau, il fait de nombreuses victimes chaque année.

Le grognement des animaux nous tireront du sommeil, ils sont tout proches de nous. On se sent en sécurité dans notre tente sur le toit.

Nous apprécions cet endroit paisible et profitons des beaux couchers de soleil depuis la terrasse du camping.

Botswana

Nous passons la frontière assez facilement. Il a suffi de payer le permis de route d’environ 9 euros et 4 tampons plus tard, nous voici arrivés à Kasane. C’est le point de départ pour visiter les chutes Victoria, les plus grandes d’Afrique. Nous arrivons un peu tard, le départ des excursions à la journée sont déjà parties et sont en fait très chères. Nous passerons alors du temps à trouver un moyen plus économique de les visiter le lendemain. C’est à la frontière du Botswana et Zimbabwe qu’un douanier nous propose un transport en mini-van avec chauffeur pour moitié prix. Le rendez-vous est pris. Y aller avec notre véhicule coûterait 100 dollars US.

Le lendemain matin, à 8h précises on rejoint notre chauffeur sur le parking de la frontière. Le visa pour entrer au Zimbabwe est de 30 dollars US, même si ce n’est que pour une journée. C’est également 30 $ pour l’entrée aux chutes. Pas donnée cette journée !

Les chutes sont impressionnantes car abondantes à cette période de l’année. Cependant, on ne peut pas voir le rideau d’eau qui tombe car un amas de brume recouvre la chute et nous arrose. On est trempés. On comprend mieux la nécessité du poncho que tous les asiatiques croisés en chemin portent. Nous séchons rapidement au soleil et prenons notre temps pour les photos de couple. La balade est jolie tout le long des chutes et il n’y a pas tellement de monde.

 

Kasane est également bien placé pour se rendre au parc safari de Chobe où nous y passons une journée. On longe la rivière pour apercevoir les éléphants, hippopotames, buffles et grands échassiers. On se perd dans les nombreux chemins sableux du parc sans rien voir de spécial. La végétation est assez dense. On tombe sur un point d’eau où une trentaine d’éléphants viennent s’y abreuver. C’est l’occasion de les voir de très près. Ils paraissent bien plus calmes que ceux de Kruger. Ils frôlent les voitures de safari en repartant tout doucement. Greg ouvre sa fenêtre pour poser sa question préférée à un guide « avez-vous vu des lions ? ». Contre toute attente, la réponse est positive. On essaie de comprendre où ils se trouvent, les indications sont floues mais on sait que ce n’est pas loin. On y va et dans la descente comme expliqué plus tôt, on les voit ! Ils sont 6 allongés à l’ombre d’un arbuste, 3 adultes et 3 jeunes. Ils sont assez loin mais grâce aux jumelles on peut bien les voir.

On reviendra dans l’après-midi, ils n’ont pas bougé. Geoffrey et Greg ont envie de descendre de la voiture pour se défouler les jambes mais c’est à ce moment-là qu’un lion sort de nulle part pour aller rejoindre la petite tribu. L’idée de sortir leur sort vite de la tête.

Une jeep safari décidera d’emmener ses clients au plus près des lions en allant hors sentier. On est tiraillés entre le fait qu’il n’est sûrement pas autorisé de faire cela et le suivre pour nous aussi voir cette famille de félins. La raison prendra le dessus, on décide de les laisser tranquilles.

La suite de notre road-trip au Botswana fut ponctuée de nuits en camping sauvages dans le bush, au milieu d’un pan (lac argileux asséché) et au bord du delta d’Okavango (surnommée « la nuit de l’enfer des moustiques »).  Celle dont on se souviendra le plus sera celle passée avec l’aventureux Jacques et sa femme Hiliana, deux sud-africains en vacances au Botswana.

On les a rencontrés au Parc Moremi où nous avions passé la journée à rouler dans les interminables nids de poules et chemins tortueux. Nous avons absolument rien vu en animaux et à 14h on décide de faire demi-tour mais sans jamais trouver la sortie car la route est barrée. Des inondations condamnent les routes. C’est dépités que nous tombons sur ce couple, dans un tout autre état d’esprit. On décide de les suivre pour trouver la sortie. Jacques nous sème très rapidement avec son bolide bien qu’il nous ait donné le conseil de rester en mode 4×4. Il nous attendra finalement un peu plus loin et nous proposera de rester dormir dans le parc car l’heure tourne et c’est dangereux de conduire la nuit et surtout on en a marre d’être dans la voiture. On accepte sans hésiter même si ce n’est pas autorisé !

Très vite les gars le surnomment « Davy Crockett », il est à l’aise dans la savane. Nous nous installons au coucher de soleil près d’un lac à hippopotames et trinquons avec les bières et verres de vin que Jacques nous offre. Tout à coup il nous dit « bon il va falloir replier car les hippopotames sont en train de sortir de l’eau ». On s’exécute et on le suit un peu plus loin pour installer le campement. Là encore Jacques frappe fort, il tombe alors quelques gouttes et il nous sort un barnum dépliable. Nous allons de surprises en surprises et oublions complètement que nous nous trouvons au beau milieu d’un parc national où vivent des félins. Encore une fois, Jacques nous sauve car nous n’avons plus de gaz pour cuisiner. Nous partagerons donc un festin ensemble : escargots à la sauce au bleu, côte de bœuf au barbecue, pâtes au curry. Tout ceci a donné des forces à nos hommes qui veulent tester les compétences de Jacques l’aventurier : ils partent tous les trois faire une marche nocturne de 30 minutes. Ils sont rentrés assez tôt car ils n’entendaient pas les hippopotames et cela peut représenter un danger de ne pas réussir à les localiser. Apparemment notre Davy Crockett regardait les traces dans le sable, les sentait… un vrai trappeur.

Pour clôturer cette belle soirée, dans la nuit on a entendu les rugissements de lions !

Alors que nous recroisons Jacques, il nous annonce qu’il a vu 7 lions traverser devant sa voiture en sortant du parc, il nous donne l’idée d’aller au désert de Kalahari. Ni une ni deux, on s’y rend, on se trouve un emplacement à l’entrée. Malheureusement, dans la nuit éclate un énorme orage juste au-dessus de nos têtes. La pluie n’en finit pas. Greg sent qu’on peut s’embourber, on décide lever le camp au petit matin et de remonter vers Maun sans mettre un pied dans le parc. Pour la suite, on passera deux jours le long du delta de l’Okavango en compagnie des moustiques et des hippopotames. On croise les doigts pour éviter le paludisme. Enfin, on traversera la frontière de la Namibie afin de rejoindre Windhoek deux jours plus tard.

Conclusion

Au bout d’un mois, nous devons avouer être contents de rendre la voiture et de savoir qu’un bon lit et une bonne douche nous attendent. En dehors de ça, nous avons apprécié être totalement autonomes pour installer notre campement dans la nature. Après avoir subi les longs trajets de bus durant plus d’un an, on a redécouvert le voyage. C’est une expérience qu’on rêvait de faire durant notre tour du monde. Lors de ce road-trip, on a compris que voyager en 4×4 était en fait très facile comparé aux deux rencontres faites en chemin. Une cycliste Française croisée au Botswana qui est partie d’Ethiopie 5 mois plus tôt. Et ce couple de retraités Sud-Africains (61 et 69 ans) qui se sont lancés le défi de rouler du Cap à Casablanca en un an. On se sent tout petit face à ce genre de voyageurs.

C’est en rendant la voiture que nous nous sommes rendus compte du long trajet parcouru : 8300 km à travers la Namibie et le Botswana et un pneu crevé.

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